Histoire du Poivre Au Moyen Age

Histoire du Poivre Au Moyen Age

Histoire du Poivre Au Moyen Age

L’histoire du poivre au 21ème siècle est celle d’un Vietnam qui s’est établi comme une plaque tournante mondiale du poivre, en devenant le premier producteur et exportateur au monde, tout en occupant la place de second importateur après les États-Unis. Le Brésil, qui a commencé à cultiver du poivre seulement au 20ème siècle, est aujourd’hui le deuxième producteur mondial avec une multiplication par quatre de sa production ces dix dernières années. Ces expansions rapides sont la continuité de la longue histoire du Roi des épices, dont les racines remontent à plusieurs millénaires avant notre ère dans l’Océan Indien.

Après l’antiquité, continuons de découvrir l’histoire du poivre en nous intéressant au moyen-âge. Au cœur de la gastronomie médiévale européenne, le poivre se distinguait non seulement pour ses vertus culinaires et médicinales, mais était aussi comme symbole de statut social élevé. Sa route commerciale, pivot de puissantes dynasties et empires, a traversé des périodes de prospérité et de conflits, façonnant significativement les relations internationales et les économies de l’époque..

Histoire du Poivre dans la Société Médiévale

Dans les cuisines des châteaux et des maisons bourgeoises, le poivre était omniprésent. Il rehaussait le goût de la viande, conservait les poissons, parfumait les soupes, et même les plats sucrés n’échappaient pas à son emprise. Les recettes de l’époque, telles que celles compilées dans le célèbre manuscrit culinaire « Le Viandier » de Guillaume Tirel dit « Taillevent », chef des cuisines du roi Charles V de France, font état d’une utilisation abondante de poivre et d’autres épices pour créer des mets complexes et fortement aromatisés.

Plus qu’un ingrédient, le poivre était un symbole de luxe et de statut social élevé. Ses origines mystérieuses, sa rareté et son coût élevé en faisaient un produit de luxe accessible surtout aux plus riches. Posséder et utiliser du poivre en quantité était une démonstration de richesse et de puissance, et il était couramment offert en cadeau à des dignitaires ou utilisé comme monnaie d’échange diplomatique. Lors des banquets, un « plateau d’épices », comprenant divers assaisonnements dont le poivre, circulait parmi les invités, permettant à chacun d’agrémenter luxueusement son repas selon son goût.

L’idée répandue que le poivre était utilisé pour masquer le goût des viandes avariées est en partie un mythe. Les techniques de conservation comme le salage, le fumage et le saumurage étaient très utilisées pour préserver la viande. Le poivre pouvait aussi être amener à jouer un rôle dans la prolongation de la fraîcheur des aliments grâce à ses propriétés antibactériennes, contribuant ainsi à une légère amélioration de la durabilité des produits périssables.

Le poivre était également valorisé pour ses supposées vertus médicinales. Inspirés par les écrits de Galien, les médecins médiévaux prescrivaient souvent des épices, y compris le poivre, pour traiter divers maux selon la théorie des humeurs. Ces pratiques étaient ancrées dans la croyance que les épices pouvaient aider à équilibrer les fluides corporels et à améliorer la santé globale.

L’histoire du Poivre Influencé par les Grands Evénements Historiques

Après la chute de l’Empire romain, l’Empire byzantin a tenté de maintenir les routes commerciales avec l’Asie grâce à des alliances comme celle avec Aksoum. Cependant, la montée en puissance des Sassanides et plus tard l’expansion musulmane ont radicalement modifié les routes commerciales antiques. Les Arabes, ayant unifié les tribus belligérantes sous l’égide de l’Islam, ont pris le contrôle des routes maritimes, rendant la Méditerranée une zone de piraterie et limitant les échanges à des routes terrestres plus périlleuses et coûteuses.

Plusieurs puissances se sont ensuite succédées dans le contrôle du commerce des épices. Après les musulmans, ce sont les républiques maritimes italiennes telles que Venise, Gênes et Pise qui ont dominé le commerce à travers la Méditerranée jusqu’en mer Noire. Leurs puissantes marines leur ont permis de naviguer et de commercer librement entre Orient et Occident, malgré les tensions constantes avec les empires musulmans. Le commerce du poivre a été particulièrement lucratif, participant à l’hégémonie de Venise comme superpuissance économique du Moyen ge.

L’histoire du poivre au Moyen âge est celle d’un produit dont les usages étaient étendues et emprunt de mystère et de puissance. Il était avec les épices au cœur des dynamiques géopolitiques et économiques mondiales. Les épices ont non seulement enrichi les cuisines européennes mais ont également suscité des guerres, des découvertes et des échanges culturels intenses. Le contrôle de leur commerce a élevé des cités à la grandeur et précipité des empires dans des conflits dévastateurs, illustrant l’importance des routes commerciales qui, bien au-delà des frontières de l’Europe, ont façonné l’histoire mondiale jusqu’à l’ère moderne.

Histoire du Poivre Pendant l’Antiquité

Histoire du Poivre Pendant l’Antiquité

Histoire du Poivre Pendant l’Antiquité

L’histoire du poivre au 21ème siècle est celle d’un Vietnam qui s’est établi comme une plaque tournante mondiale du poivre, en devenant le premier producteur et exportateur au monde, tout en occupant la place de second importateur après les États-Unis. Le Brésil, qui a commencé à cultiver du poivre seulement au 20ème siècle, est aujourd’hui le deuxième producteur mondial avec une multiplication par quatre de sa production ces dix dernières années. Ces expansions rapides sont la continuité de la longue histoire de la route des épices, dont les racines remontent à plusieurs millénaires avant notre ère dans l’Océan Indien.

Ces changements spectaculaires, reflètent une transformation du marché global et sont porteurs de défis importants, anciens et nouveaux. La traçabilité du poivre, essentielle pour garantir la qualité, la sécurité et l’éthique de sa production, reste problématique dans un marché vaste et diversifié. De plus, l’utilisation intensive de traitements chimiques pour maximiser les rendements pose des questions de durabilité environnementale. Le marché des épices, autrefois vecteur des échanges entre civilisations antiques de l’Europe à l’asie du Sud-Est, continue donc de subir des transformations profondes, reflétant la dynamique d’un monde en mutation tout en confrontant ses acteurs aux enjeux contemporains de durabilité, notamment la déforestation en Amazonie brésilienne et les impacts écologiques des pratiques agricoles modernes.

L’inde, ou l’origine de l’histoire du poivre

Au crépuscule des temps antiques, dans les luxuriantes Ghâts occidentaux de l’Inde, s’épanouissait le poivre noir, Piper nigrum, une plante grimpante native de cette chaîne montagneuse qui serpente le long de la côte occidentale du sous-continent. Bercée par un climat tropical humide, cette région offrait le terroir parfait pour la culture de cette épice qui deviendrait l’objet de convoitises internationales pendant plusieurs millénaires. Dans les contrées du nord-est de l’Inde, une autre variété, le poivre long, Piper longum, prospérait également, ajoutant à la diversité des épices indiennes cultivées.
L’usage médicinal du poivre s’est inscrit dans les annales de la médecine ayurvédique pendant plus de trois millénaires, témoin de son rôle pivot dans les soins de santé de l’ancienne Inde.
Pendant cette période, l’art de cultiver le poivre a prospéré en Inde. Avec la vigueur des premiers échanges maritimes dans l’océan indien, ces précieuses baies noires furent portées aux rivages des principales îles d’Indonésie, disséminées par la main des marchands audacieux. La terre indonésienne vit s’enraciner non seulement le poivre noir du sud-ouest de l’Inde mais aussi le poivre long, venu du nord-est.

Le poivre Atteint l’Egypte

En Egypte, durant le florissant Nouvel Empire, il s’avéra que les narines de la momie du grand Ramsès II, décédé en 1213 av. J.-C., furent emplies de ce condiment. Cet usage suggère un lien précoce entre les civilisations de l’Inde et de l’Égypte, bien qu’il subsiste peu de traces sur la manière dont le poivre atteignait les Égyptiens. On conjecture que ces interactions commerciales se faisaient via l’Arabie, alors que les Égyptiens cherchaient à accéder à d’autres produits exotiques tels que l’encens, la myrrhe et la cannelle par des expéditions vers le mystérieux pays de Pount.

La Grèce.

L’introduction du poivre dans la culture grecque remonte au 4ème siècle avant notre ère, un luxe que seuls les plus opulents pouvaient s’offrir, utilisé pour parfumer tant le vin que les concoctions médicinales.

L’Empire Romain, Le Poivre Arrive en Europe.

L’histoire du poivre prend un tournant décisif dans la popularité du poivre en Europe avec la conquête de l’Égypte par Rome en 30 av. JC. Son usage d’intensifia rapidement à travers la Gaule et la Grande-Bretagne romaine. Le poivre devint alors un ingrédient essentiel dans l’alimentation du monde romain, où les classes aisées l’incorporaient généreusement dans presque tous leurs plats. Selon le livre de recettes attribué à Apicius, un célèbre gourmet romain, le poivre figure dans plus de 70 % des recettes (349 sur 469).

La cuisine romaine était empreinte de saveurs exotiques, avec des ingrédients tels que le gingembre de Chine et le poivre d’Inde, ce dernier étant extrêmement prisé et onéreux. Le poivre long, favorisé pour son piquant plus prononcé, était fréquemment utilisé dans les sauces pour viandes et poissons, ainsi que dans divers médicaments et toniques censés guérir l’impuissance. Les Romains avaient aussi pour habitude d’ajouter du poivre et d’autres épices comme l’encens, la myrrhe, la cannelle, le gingembre et la cardamome à leur vin, qu’ils chauffaient ensuite à feu doux.

La route commerciale principale du poivre vers le monde romain passait par la mer Rouge. Dès le premier millénaire de notre ère, les navires romains naviguaient régulièrement depuis les ports égyptiens vers la côte de Malabar, dans le sud de l’Inde. Le Périple de la mer Érythrée, rédigé entre 45 et 55 de notre ère par un marin grec anonyme, fournit des détails précis sur ces expéditions. La ville de Muziris, sur la côte occidentale de l’Inde, était un point de collecte majeur pour le poivre, où les Romains chargeaient d’énormes navires de plus de 400 tonnes. Pline l’Ancien, encyclopédiste romain du 1er siècle de notre ère, se lamentait que chaque année, l’Inde vidait l’Empire romain de 50 millions de sesterces, soulignant l’énorme coût financier du commerce du poivre.

Le géographe grec Strabon rapporte que l’Empire romain envoyait annuellement environ 120 navires pour un voyage aller-retour d’un an jusqu’en Inde, pour profiter des vents de la mousson. Les navires revenaient ensuite en remontant la mer Rouge jusqu’au port de Bérénice, où le poivre était déchargé et transporté à travers le désert jusqu’au Nil, puis par barge jusqu’à Alexandrie en Égypte romaine, pour être finalement expédié en Europe. Là, il était stocké dans de vastes entrepôts à Rome, dans un quartier dédié aux épices.

L’histoire du poivre durant l’antiquité et de son commerce opulent perdura jusqu’à la chute de l’Empire romain d’Occident au Ve siècle et l’importance de cette épice est soulignée par l’anecdote d’Alaric le Wisigoth, qui demanda une rançon de plus d’une tonne de poivre lorsqu’il assiégea Rome en 410.
Après la chute de l’empire, l’histoire du poivre bascule dans une nouvelle ère. les Romains commencèrent à passer par le royaume d’Aksoum, situé le long du sud de la mer Rouge sur les hauts plateaux d’Éthiopie. Aksoum, devenu une puissance commerciale, maintenait des liens étroits avec l’Empire romain et contrôlait le nord de l’Éthiopie, le Soudan et l’Arabie du Sud. Le niveau de commerce à travers Aksoum fluctua au fil des années, mais resta significatif pendant près de sept siècles.